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Avoir un enfant avant 20 ans

Collabo Rosalice

Avoir un enfant avant la vingtaine, c’est souvent un sujet sensible. Les gens jugent sans savoir. On catégorise immédiatement celles qui sont devenue enceintes à 18 ans. Ces gens qui étaient mes amis, des gens précieux ou même des proches m’ont dit beaucoup de choses qui auraient pu changer le cours de ma vie.  

Ils m’ont tous dit à quel point ce seraitdifficile. Ils m’ont dit que je ne  dormirais plus, que je serais fatiguée et épuisée. Ils m’ont dit que je ne pourrais  plus voir mes amis. Ils m’ont aussi dit que je ne pourrais  plus sortir  dans les bars ou au restaurant. On m’a dit que je ne  mangerais plus jamais chaud,  que je n’aurais  plus de temps  pour moi, pour mon conjoint et mes amis. On m’a aussi dit que je ce serait la  pire erreur de ma vie.  

 Je dois avouer que j’avais peur, très peur de ne pas réussir. Je me demandais ce que j’allais faire de ma vie. Lorsque j’ai eu mon fils, je craignais donc le pire. Quand il est venu au monde, j’ai tout de suite su que j’allais me battre pour lui. J’ai décidé de poursuivre mes études, à temps partiel. Une logistique du tonnerre entre papa (18 ans et étudiant), maman (19 ans et étudiante), grand-papou et Isabelle (éducatrice/deuxième maman). Du peau à peau quand on revenait à la maison suivi d’un portage pas trop ergo, mais ô combien réconfortant.  

Les gens qui m’avaient jugé au tout début ne m’ont surtout pas dit  qu’à chaque réveil, j’aurais quelqu’un qui  me trouve belle  malgré ma nuit blanche. On ne m’avait surtout pas dit que je me réveillerais pour  le regarder dormir  et pour aller  dormir avec lui. On ne m’avait pas dit que j’allais finalement  connaître mes vrais amis. On ne m’avait pas dit que  les sorties  sans enfants, c’était plus dur qu’une sortie avec eux parce que je m’ennuie beaucoup trop. On ne m’avait pas dit que manger tiède  deviendrait une habitude  et que finalement, c’est bon pareil. On ne m’avait pas dit que  chaque moment  deviendrait encore plus  précieux. On ne m’avait pas dit non plus que  le temps passerait plus vite. On ne m’avait pas dit que malgré la fatigue, j’aurais toujours assez d’énergie  pour jouer aux petits trains avec ma plus grande fierté.  

Personne ne m’avait dit à quel point l’amour que l’on éprouve pour nos enfants est fort et que tout ce qui peut paraître difficile devient finalement plus facile. C’est à ce moment que j’ai pris conscience que j’étais capable d’être une excellente maman, malgré le fait que j’étais jeune et étudiante. Je me battais pour mon avenir, mais aussi pour l’avenir de mon fils.  

Karla Bernatchez  


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