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L’arrivée de ma petite pressée (1/3)

Collabo Rosalice

C’est au retour de ma lune de miel que j’ai découvert ma grossesse. J’attendais ce moment depuis siiii longtemps déjà, me fallait simplement une bague au doigt pour aller de l’avant (disons que le mariage avant le bébé était impératif aux yeux de mon mari)! Ma petite puce pressée s’est installée dans mon bedon au premier essai.
La grossesse s’est déroulée assez normalement sans que ce soit merveilleux ni trop pénible. J’avais toutefois de grosses douleurs au bassin qui ont fait en sorte que j’ai devancé le début de mon congé de maternité 7 semaines avec ma date prévu d'accouchement.
Le lendemain de ma dernière journée de travail, à 33 semaines, je m'active devant la laveuse à faire ma première brassée de couvertures de bébé quand tout à coup je me met à faire pipi par terre! Un pipi infini, genre. Le genre de pipi qui sort sans que tu contrôle RIEN. Le genre de pipi qui est PAS du pipi! Allô la surprise! Je venais de crever mes eaux! J’appelle la maternité qui me presse d’arriver. Là, je réalise quelque chose, je panique! JE VAIS AVOIR MON BÉBÉ!
Mon travail n'étant pas commencé, j’ai eu droit à 6 jours à l'hôpital, alitée. Je peux vous dire qu’un alitement complet donne de méchants gros coups à l’orgueil. Ne pas pouvoir se laver, devoir utiliser une bassine pour faire ses besoins et demander de l’aide pour ensuite s'essuyer... ça effrite tranquillement la fierté personnelle!
En même temps, c'était assez étrange d’être entourée de bruits de bébés qui hurlent alors qu’on a aucune idée de ce qui nous attend… Est-ce que mon bébé sera en santé? Est-ce qu’on va pouvoir sortir de l'hôpital après 48 heures comme tout le monde? Bref, j’avais une montagne de questionnements et d’incertitudes. Aucune idée de ce qui m'attendait!
Ma bedaine avait rapetissée considérablement avec la perte des eaux, je sentais très peu les mouvements de bébé. Heureusement, les échographies confirmaient que ma puce semblait en pleine forme. Pour la ''Control freak'' que je suis, ce n’était pas du tout ce que j’avais prévu pour comme dernières semaines de grossesse!  
L’équipe médicale souhaitait de tout coeur que j'atteigne mes 34 semaines de grossesse afin de permettre aux poumons de ma petite pressée de se développer complètement.  C’est donc à 34 semaines qu’on m’a provoquée, car je commençais à montrer de petits signes d’infection. Ma petite pressée est venue au monde rapidement et j’ai eu la chance de la coller un merveilleux 45 minutes jusqu’à ce qu’on l’amène en néonatalogie pour l’examiner. C’est là que mes inquiétudes se sont confirmées. Ma petite pressée qui, normalement, devrait avoir de beaux poumons en santé montrait des signes d’immaturité. Elle avait besoin de repos parce qu’elle oubliait souvent de respirer et prenait mal son oxygène. Les pédiatres avaient du mal à comprendre pourquoi elle avait autant de difficulté. C’est donc branchée au moniteur 24h/24, entourée de bébés miniatures et de machines bruyantes que ma petite pressée a vécu ses premières semaines de vie.
Personne ne peut nous préparer à la prématurité. Les médecins m’avaient informée des risques, les infirmières m’avaient rassurée et j’avais lu d’innombrables témoignages. Malgré tout, j'étais loin d'être prête. Passer d’innombrables nuits loin de mon bébé, voir les infirmières faire ses premiers changements de couches, tirer mon lait sans arrêt plutôt que d’allaiter parce que boire au sein lui demandait trop d’énergie, devoir la stimuler plusieurs fois par heure parce qu’elle ne respirait plus, vivre un transfert en ambulance vers l’hôpital des enfants parce que ma petite pressée avait besoin de spécialistes, la voir se faire faire des prises de sang, des échographies du cerveau, des radiographies des poumons et des ponctions lombaires... On ne peut jamais être prêt à tout ça. Finalement, elle avait simplement besoin de temps et de repos. Au bout de 3 longues semaines éprouvantes nous avons pu enfin rentrer à la maison, tous ensemble.
Pendant notre séjour en néonatalogie, j’ai découvert une communauté Facebook incroyable  (Les bébés prématurés du Québec) qui a su répondre à mes questions et partager les hauts et les bas de notre hospitalisation. J’ai reçu une pluie d’amour de cette grande famille. Ils comprenaient nos restrictions et nous aidaient par tous les moyens possibles. J’ai aussi découvert le papa merveilleux qu’était devenu mon mari… lui qui aimait le peau à peau tout autant que moi, lui qui m’encourageait et qui comprenait mes sautes d’humeur, mes explosions de larmes et mon manque d’énergie. Et surtout, j’ai admiré sans relâche la force incommensurable de ma petite pressée. 
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Lissa Moore

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