rosalice

Une césarienne obligatoire, parfois difficile à avaler?

Collabo Rosalice

Parce que je ne croyais pas que quand on venait de la même famille nous pouvions être si différents. J’ai réalisé, à ma deuxième grossesse, que deux enfants ça représentait deux êtres totalement différents mais que ça devait également représenter des chemins qui ne se ressembleraient pas.

Je ne sais pas pour vous, mais j'idéalisais vraiment mon premier accouchement. À 38sa, je me rendais à la maternité. J'ai poussé pendant 36 minutes, notre bébé miracle n'a fait aucun « dégât » sur son passage et nous nous sommes retrouvés rapidement en famille. Je me voyais redonner la même énergie et que ça se passerait aussi bien pour mon deuxième garçon. FAUX.
J'ai dû me mettre à l'évidence lorsque le généticien nous a annoncé que notre bébé surnommé le bébé soldat risquait d'arriver dans ce monde un rein en moins et une bicuspidie élevée. J’aurai voulu revivre cet accouchement et essayer de faire tout le travail seule sans avoir besoin de la péridurale, essayer une maison de naissance, etc. J'avais bien des projets pour mon deuxième accouchement... J'ai alors compris que ce serait quasi impossible lorsque le médecin de la GARE m'a rencontrée et m’a suggéré FORTEMENT de procéder à une césarienne planifiée puisque malgré notre premier accouchement de rêve, à la dernière poussée, notre bébé miracle avait l'épaule coincé. Elle voulait donc éviter de trop faire forcer bébé et éviter toutes les complications possibles.

J’ai donc donné naissance à mon deuxième garçon à 36 6/7 par césarienne planifiée, qui s’est avérée non planifiée puisqu'il s'est pointé le nez deux semaines avant notre date prévue. J'avais la boule dans la gorge quand j’ai réalisé que c'était vraiment de cette façon que je lui donnerais naissance. J'avais l'impression d'avoir échoué, de ne pas pouvoir travailler en équipe avec lui, ce qui me rendait triste. Les infirmières sont venues me chercher, je marchais dans le corridor jusqu'à la salle d'opération.
Tout le long, je me disais: « Dans même pas une heure je tiendrai mon fils dans mes bras. » J'ai mis leur super bonnet sexy. J'ai pris leur shooter pré-op. Je suis rentrée dans la salle. Il faisait froid. Je me demandais si c'était vraiment l'heure de la naissance de mon fils ou d'un party tellement il y avait des gens. Je me suis assise sur la table et l’anesthésiste m’a piquée. Rapidement, ils m’ont couchée tel Jésus sur la croix. Je me sentais bouger de gauche à droite, j'entendais des gens parler de leur week-end et d'autres membres du personnel compter sans arrêt. Au bout de quelques minutes, l'anesthésiste m'a pris la main et m'a dit « Il va naître, il va naître» À 1h06 AM, on me montrait le petit bout d'humain qu'il était.

Malgré la déception que j'ai ressentie lorsque le médecin me suggérait (m'obligeait) la césarienne, j’ai tout de même réussi à trouver du positif à tout ça. Oui, à mon premier accouchement je trouvais que c'était chaleureux et on essayait, le personnel, Lucas et moi de travailler en équipe.  Je me souviens encore de mon mari et des infirmières qui nous encourageaient. 
Au deuxième, c'était froid. Je me sentais seule. Le personnel autour de moi ne cessait de se déplacer et de parler de n'importe quoi. C'était vraiment particulier. Vous me direz surement que des accouchements ça ne se compare pas mais je suis quand même contente de dire que j’ai trouvé du positif à une césarienne obligatoire.

Comme je n'ai pas eu les premières contractions, que le travail n’a duré que le temps de ma préparation à l'accouchement et que je n'ai pas eu à travailler dur: j'étais beaucoup plus en forme. La cicatrice était douloureuse les premières semaines; oui. Je ne devais pas trop marcher ni forcer, ça m'a alors permis de passer du temps de qualité avec ma petite famille, dans notre nid tranquille, contrairement à la naissance de notre premier garçon où nous étions toujours « sur la trotte » et que je me suis rapidement retrouvée épuisée. Du fait que mon moral était bon et que les nuits étaient bonnes, j'ai eu une production de lait beaucoup plus élevée qu'au premier. Finalement, ça avait des avantages.

Avec les semaines qui ont suivies, j'ai réalisé que dans le fond la façon dont mes enfants naissent ce n'est pas important. Ce qui est prioritaire c'est qu'ils naissent avec tous leurs morceaux et dans la meilleure santé qui soit: tout dépendant de leur situation. Ça reste qu'au final, j'ai porté la vie, je leur ai donné une place au chaud au creux de mon ventre pour les bercer pendant neuf mois, je leur ai donné tout l'amour qui soit et je continuerai jusqu'à ma mort...

Aujourd'hui, je suis enceinte de mon troisième garçon. De quelle façon j'accoucherai en janvier? Ce sera par césarienne et oui et cette fois-ci je suis bien à 110 % avec ma décision. Ce sera un troisième garçon en santé et entouré d'amour.
Jennifer

Article précédent Article suivant